Processus d’achat immobilier à l’île Maurice pour les non-citoyens
Guide clair du processus d’achat immobilier à l’île Maurice pour les non-citoyens en 2026, avec les étapes clés, les règles de paiement, le financement, l’enregistrement et les principaux points fiscaux.

Le processus d’achat immobilier à l’île Maurice pour un acheteur étranger suit un cadre structuré. En pratique, la majorité des acquisitions résidentielles par des non-citoyens passent par des régimes approuvés administrés par l’Economic Development Board, notamment le PDS, le Smart City Scheme et l’IHS, car ils offrent le cadre le plus clair pour l’acquisition, l’approbation et l’enregistrement.
En 2026, il est important de bien comprendre les règles applicables dès le départ. Les amendements entrés en vigueur le 13 décembre 2024 ont introduit une exigence minimale de 85 % du prix d’achat en roupies mauriciennes pour les acquisitions concernées sous régime approuvé, ainsi que des conditions de financement spécifiques au-delà de 750 000 USD. La Finance Act 2025 a également introduit de nouvelles règles applicables aux transferts visés impliquant des non-citoyens à compter du 1er juillet 2026.
Cet article présente les principales étapes du processus, du choix du cadre d’acquisition à l’anticipation d’une éventuelle revente.
Dates clés pour les acheteurs étrangers
Trois repères structurent aujourd’hui un achat immobilier à l’île Maurice pour un acheteur étranger :
13 décembre 2024 : entrée en vigueur des amendements applicables à certaines acquisitions sous IRS, RES, IHS, PDS et Smart City Scheme
1er juillet 2026 : application des nouvelles règles issues de la Finance Act 2025 pour les transferts visés impliquant des non-citoyens
Juillet 1994 : abolition du contrôle des changes à Maurice, sous réserve des vérifications bancaires habituelles en matière de conformité et d’origine des fonds
Ces évolutions n’empêchent pas d’acheter. Elles changent surtout la manière de structurer les paiements, d’anticiper le financement et d’intégrer le coût global de l’opération.
Ce qui change pour les acheteurs étrangers en 2026
Depuis le 13 décembre 2024, pour les acquisitions concernées sous régime approuvé, au moins 85 % du prix d’achat doivent être payés en roupies mauriciennes. Les 15 % restants peuvent être payés en roupies mauriciennes ou en devise étrangère convertible. Il s’agit d’un minimum à respecter en MUR, et non d’une répartition libre.
Lorsque le prix du bien dépasse 750 000 USD, les premiers 750 000 USD doivent généralement être financés par l’acheteur sur fonds propres transférés de l’étranger. Un financement bancaire local peut ensuite intervenir sur le solde au-delà de ce seuil, sous réserve des conditions applicables.
À compter du 1er juillet 2026, la Finance Act 2025 prévoit, pour les transferts visés à des non-citoyens, un taux de 10 % pour les droits d’enregistrement et un taux de 10 % pour la taxe de transfert foncier. En pratique, les droits d’enregistrement sont généralement supportés par l’acheteur, tandis que la taxe de transfert foncier revient généralement au vendeur, sauf stipulation contractuelle différente.
Le processus d’achat étape par étape
Étape 1 - Choisir le bon cadre d’acquisition
Avant de réserver un bien, il faut d’abord déterminer dans quel cadre vous allez acheter. Ce choix influence la structure de la transaction, le type d’approbation requis et les règles applicables tout au long du processus.
Pour la plupart des acheteurs étrangers, l’acquisition passe par un régime approuvé comme le PDS, le Smart City Scheme, l’IHS ou certains autres cadres autorisés. Cette voie reste la plus lisible et la plus fluide pour un achat résidentiel à Maurice.
Étape 2 - Préparer votre conformité et votre dispositif bancaire
Avant tout transfert, votre dossier doit être prêt du point de vue de la conformité. Il faut généralement prévoir un passeport valide, un justificatif de domicile, des preuves documentées de l’origine des fonds et les éléments nécessaires pour organiser les transferts entrants, ainsi que la conversion en roupies mauriciennes si elle s’applique.
Les banques mauriciennes appliquent leurs vérifications habituelles en matière de conformité, de KYC et d’origine des fonds. Il est donc préférable d’anticiper ce travail dès le départ, surtout lorsque la structure de paiement doit respecter la règle des 85 % en MUR.
Si vous envisagez un financement local, il est préférable d’en parler tôt avec votre banque ou votre prêteur afin d’aligner votre projet avec les règles du régime concerné et le seuil de 750 000 USD.
Étape 3 - Réserver le bien et confirmer les termes essentiels
Pour un achat sur plan en particulier, la réservation fixe les grandes lignes de l’opération. La documentation de réservation doit préciser clairement les plans et spécifications, l’échéancier de paiement, les délais de livraison, les conditions de déblocage des fonds et le mode de sécurisation des sommes versées.
Si l’achat s’inscrit dans une structure de VEFA, les appels de fonds, le mécanisme de dépôt et les conditions de livraison doivent être examinés avec attention avant signature.
Étape 4 - Obtenir l’approbation et l’autorisation requise
Cette étape doit être intégrée très tôt dans votre calendrier. Lorsqu’une autorisation est requise, l’acquisition ne peut pas être finalisée sans elle. Pour les biens relevant d’un régime approuvé, l’Economic Development Board intervient dans le traitement opérationnel du dossier selon les règles du régime concerné.
Au stade de l’enregistrement, le Registration Duty Act prévoit qu’un document conférant un droit ou un intérêt sur un bien immobilier à un non-citoyen ne peut pas être enregistré s’il ne contient pas le certificat requis sous le Non-Citizens (Property Restriction) Act.
Étape 5 - Structurer correctement vos paiements
Depuis décembre 2024, la structuration des paiements est devenue un point de vigilance essentiel pour un acheteur étranger.
Pour les acquisitions concernées sous régime approuvé, au moins 85 % du prix d’achat doivent être réglés en roupies mauriciennes. Les 15 % restants peuvent être payés en roupies mauriciennes ou en devise étrangère convertible. Lorsque le prix du bien dépasse 750 000 USD, les premiers 750 000 USD doivent généralement être financés sur fonds propres, le financement bancaire local ne pouvant intervenir, selon les règles applicables, que sur le solde au-delà de ce seuil.
Concrètement, cela suppose d’anticiper le transfert entrant, d’organiser la conversion requise en MUR, de conserver des preuves de paiement claires et de veiller à la cohérence entre les justificatifs bancaires et l’acte.
Étape 6 - Signer l’acte notarié et enregistrer le titre
Une fois les validations obtenues, l’acte est signé devant un notaire mauricien, puis enregistré et transcrit selon les procédures applicables. Pour un acheteur étranger, cette étape suppose que les autorisations requises aient bien été obtenues lorsque le cadre légal l’exige.
Lorsque tout a été bien préparé en amont, cette phase reste généralement fluide et procédurale.
Étape 7 - Organiser la phase de détention
Une fois le bien acquis, il faut aussi organiser la suite. Pour une propriété achetée sous régime approuvé, il est utile de bien comprendre les charges annuelles, les règles du domaine ou du projet, les conditions de location, les obligations d’assurance et les modalités de gestion du bien.
Ce point compte particulièrement si vous n’occupez pas le bien à l’année ou si vous envisagez d’en confier la gestion.
Étape 8 - Anticiper la revente et le rapatriement des fonds
Même au moment de l’achat, il est utile de garder en tête les conditions d’une future revente. À compter du 1er juillet 2026, la Finance Act 2025 modifie le traitement des droits d’enregistrement et de la taxe de transfert foncier pour les transferts visés impliquant des non-citoyens. Cela mérite donc d’être intégré dès le départ dans vos projections.
Maurice reste par ailleurs un environnement relativement ouvert du point de vue du contrôle des changes. Le contrôle des changes a été aboli en juillet 1994. En pratique, les banques continuent toutefois d’appliquer leurs vérifications habituelles en matière de conformité et d’origine des fonds sur les transferts entrants et sortants.
Foire aux questions
Comment acheter un bien immobilier à l’île Maurice quand on est étranger ?
Un étranger peut acheter un bien résidentiel à Maurice via un régime approuvé administré par l’EDB ou, dans certains cas, par une autre voie prévue par la loi applicable.
Quel montant faut-il prévoir pour acheter un bien à Maurice quand on est étranger ?
Cela dépend du type de bien et du régime applicable. Le seuil de référence le plus souvent retenu pour l’éligibilité au permis de résidence reste 375 000 USD pour les acquisitions qualifiantes.
Faut-il payer en devise ou en roupies mauriciennes ?
Pour les acquisitions concernées par les amendements de décembre 2024, au moins 85 % du prix doivent être réglés en roupies mauriciennes. Les 15 % restants peuvent être payés en roupies mauriciennes ou en devise étrangère convertible.
Un étranger peut-il obtenir un prêt immobilier à Maurice ?
Oui, sous réserve des critères du prêteur, du régime applicable et du prix du bien. Au-delà de 750 000 USD, les premiers 750 000 USD doivent généralement être financés sur fonds propres avant qu’un financement local puisse intervenir sur le solde.
Quel est le délai pour acheter un bien à Maurice quand on est étranger ?
Le délai dépend du régime, de l’état d’avancement du projet, du financement, de la qualité du dossier et du temps nécessaire pour les autorisations et l’enregistrement.
Quels documents faut-il fournir pour acheter un bien immobilier à Maurice quand on est étranger ?
Il faut généralement un passeport valide, un justificatif de domicile et des preuves documentées de l’origine des fonds. Des pièces complémentaires peuvent être demandées selon la structure du dossier.
Sources
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif uniquement et reflètent la situation au moment de la publication. Les frais, délais, procédures, documents requis, taux fiscaux et conditions d’éligibilité mentionnés sont susceptibles d’évoluer. Il est conseillé aux lecteurs de vérifier toutes les informations auprès de professionnels qualifiés et des autorités compétentes avant toute décision d’achat.




